« C’est qu’au fond, il n’y a qu’une seule race : l’humanité. »
Jean Jaurès

Catégorie : Gauche-Droite

Argenteuil-Est, le Front de Gauche joue à droite ?

« Réunis le 23 septembre, les formations constitutives du Front de Gauche ont tenu à réaffirmer leur volonté de poursuivre, élargir, et enraciner le Front de Gauche dans la durée, dans les luttes et dans les urnes. », ainsi débute la déclaration commune du Parti Communiste Français, du Parti de Gauche et de la Gauche Unitaire.

 

Hasard du calendrier, cette déclaration est publiée entre les deux tours de l’élection cantonale d’Argenteuil-Est. Lors des dernières élections cantonales, Marie-José Cayzac avait été élue avec 22 voix d’avance face au conseiller sortant UMP Philippe Métézeau dans le canton d’Argentueil-Est. Cette élection a été annulée par le Conseil d’Etat.

Cette élection devait décider de la majorité au conseil général, en effet après cette annulation la répartition des sièges était la suivante, groupe socialiste 18 sièges, groupe communiste 1 siège, groupe union pour le Val d’Oise 19 sièges.

Marie-José Cayzac, élue communiste, s’est présentée donc à cette élection, avec le soutien du Parti socialiste et des Verts. Elle a été battue, au second tour le candidat UMP obtenant 58% des voix.  Elle dénonçait au lendemain des élections les règlements de compte « entre d’anciens soutiens et sympathisants socialistes et leur parti, qui avaint apporté leur soutien au candidat UMP » ainsi que la « municipalisation » de la campagne par la droite.

 

Est-ce un effet du politiquement correct, la candidate n’évoque pas la présence au premier tour d’un candidat du Parti de Gauche, présence qui n’a surement pas contribué à clarifier les positions. D’autant plus que cette candidature n’était pas un acte isolé, le candidat local ayant reçu le soutien de Jean-Luc Mélenchon, pendant que Marie-José Cayzac recevait le soutien de Patrick Le Hyaric.

Il ne s’agit pas de faire le calcul du coût du refus de l’alliance comme le fit Jean-Luc Mélenchon au lendemain des élections européennes. Mais si l’on veut « enraciner le Front de Gauche dans la durée, dans les luttes et dans les urnes. », il serait bon de commencer par s’expliquer sur ce choix de partir dispersés lors de cette élection.

L’enjeu était-il de tenter de battre la droite ou de se contenter de savoir qui du Parti de Gauche et du Parti Communiste Français perdrait au second tour face à l’UMP ?

 

La gauche la droite et les autres…

A deux semaines des élections européennes, les derniers sondages, articles, déclarations sans aucun doute aident à la clarification des enjeux.

 

Europe 1 commente le premier sondage en Ile de France par TNS Sofres / Logica « le bloc de gauche (de l’extrême gauche aux écologistes) devancera le bloc de droite (de l’UMP à l’extrême droite) en Ile-de-France avec 45% des intentions de vote contre 39%. ». Un rapide calcul permet de constater que 84% des intentions de vote ne se retrouvent dans aucun des deux blocs. Si certaines « petites listes » peuvent être difficiles à placer sur l’échiquier politique, pour Europe1 la question de la place du Modem ne se pose pas, le Modem n’est ni à gauche, ni à droite..

 

A priori rien de très nouveau, l’idée que le Modem serait « ailleurs » est mise en avant régulièrement, y compris dans la campagne électorale pour les élections européennes sans aller plus loin et regarder les votes des députés européens du Modem qui sont eux très clairs et sûrement pas « ailleurs » !:

Plus étonnant par contre la déclaration de Jean-Christophe Cambadélis dans Le Parisien du 19 mai « Si on additionne toutes les listes opposées à la politique gouvernementale, on atteint 70 % des intentions de vote. Avec moins de 30 % des voix, l’UMP est loin d’être flamboyante ! ». Quel sens peut avoir l’addition des voix de gauche avec des voix du Modem, même s’il reste « ailleurs », et avec celles du Front National dont l’on sait où il se situe sur l’échiquier politique ? N’est ce pas là une certaine vision des alliances possibles qui, en excluant le coté outrancier de la présence de l’extrême droite de cette addition, tendrait à définir un nouveau front anti-UMP ?

 

Et Jean-Michel Baylet, sénateur PRG du Tarn-et-Garonne, dans la même édition du Parisien, a précisé un peu plus cette évolution. Annonçant la création d’un groupe PRG à l’Assemblée nationale il précise « Nous avons un groupe au Sénat qui fonctionne très bien », mais dont il oublie de préciser que l’un des trois vice-présidents est Aymeri De Montesquiou, membre du Parti Radical dont le président est Jean-Louis Borloo et les autres sénateurs siègent dans le groupe UMP.

 

N’est-il pas temps de sortir de cette confusion et d’affirmer enfin des valeurs de gauche, à moins que pour certains l’abandon de ces valeurs ne soient le prix à payer pour gagner.

Aimé Césair est mort, et nous le pleurons tous.

Depuis l’annonce de la mort d’Aimé Césaire, les hommages se succèdent, que pourrais je ajouter à tout ce qui a été dit et écrit ?

Tous louent dans un bel unanimisme son engagement, son courage, son talent, son génie… Et pourtant, combien sont-ils à l’avoir lu, entendu, écouté ? et combien sont-ils à l’avoir lu, entendu, écouté dans les années 40 et 50 ?

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