À 20 heures les premières estimations sont tombées, elles seront affinées mais dessinent déjà des tendances très nettes.

 

Le premier point à noter est le taux d’abstention estimé à 26,2 %, certes inférieure à celle de 2002 mais excessivement élevée.

Les dernières estimations étaient donc correctes. Les candidat·e·s d’extrême droite font jeu égal avec les candidat·e·s de gauche aux alentours de 30 %. Les grands partis traditionnels, LR, PS, EELV et PCF réalisent de petits scores en dessous ou aux alentours de 5 %, derrière Éric Zemmour.

 

Les appels au vote utile à gauche n’auront pas suffi et l’on pourra débattre longtemps pour savoir ce qui serait advenu avec moins de candidat·e·s de gauche. Ce qui est certain c’est que le résultat total des candidat·e·s se réclamant de la gauche est un échec collectif.

J’écrivais il y a quelques heures, juste avant ce premier tour  » Les partis et organisations se réclamant de la gauche portent une part importante de responsabilité en étant incapables de mener une réflexion collective sur les enjeux actuels, démocratie, problèmes sociaux, environnementaux, sociétaux et autres… » Cela me semble encore plus d’actualité et l’urgence est de préparer les élections législatives avec l’objectif d’avoir le maximum de député·s de gauche au parlement. Il serait donc souhaitable que l’on n’assiste pas à des luttes à gauche dans toutes les circonscriptions au risque de disqualifier les candidat·e·s se réclamant de la gauche pour le second tour et qu’au second tour il y ait cette fois-ci un réel soutien de l’ensemble des forces de gauche au candidat ou à la candidate encore en lice. Cela supposerait un minimum de réflexion collective aux partis et organisations se réclamant de la gauche, en intégrant la nécessité que chaque parti ou formation puisse trouver sa place. Dans cette réflexion le score du premier tour de la présidentielle ne devant pas être pris comme référence, de nombreux votes s’étant portés sur Jean-Luc Mélenchon non par adhésion à son programme mais par volonté de tout faire pour éviter d’avoir l’extrême droite au second tour.

 

 

Encore une fois l’extrême droite est présente au second tour de l’élection présidentielle. Depuis la réforme constitutionnelle et l’inversion du calendrier, cela devient une sinistre habitude avec seulement deux seconds tours droite face à la gauche en 2007 et 2012 et trois seconds tours droite face l’extrême droite en 2002, 2017 et 2022.

 

Après chacun de ces résultats nous avons entendu, voire entonné la même antienne « plus jamais cela » dont certains se souviennent que nous l’avions déjà entonnée le 11 septembre 1983 lorsque le RPR, ancêtre de l’UMP, allié au Front national avait gagné l’élection municipale à Dreux, première irruption électorale de l’extrême droite sous la Cinquième République.

Depuis qu’avons-nous fait ?

 

Au-delà de ces premières réflexions, certains éléments mériteront d’être affinés. Et, à très court terme nous allons être encore une fois confrontés à un choix insupportable pour le second tour. Vu l’urgence de la question, il est fondamental de prendre le temps de réfléchir.