« Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice. »
Montesquieu

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Second tour dans la onzième circonscription du Val de Marne

Emmanuel Macron, ou plutôt le produit politique ayant pour nom Emmanuel Macron et construit sur mesure pour créer une pseudo-gauche ultralibérale répondant aux désidérata des grands groupes financiers, semble en passe d’atteindre son objectif. Dans la quasi-totalité des circonscriptions au second tour sera présent.e un.e candidat.e labellisé.e La République en marche.

Le risque, annoncé comme inéluctable par la presse, est grand que le parlement soit outrageusement monocolore et au service d’un projet politique inquiétant, hausse de la CSG sur les retraites, déconstruction du Code du travail, affaiblissement du rôle du parlement par l’utilisation des ordonnances, remise en cause des libertés fondamentales avec l’inscription dans le droit commun des mesures relevant de l’état d’urgence…

À la fin de cette longue séquence électorale ; il nous appartiendra d’analyser les causes de cette catastrophe et d’en tirer les conséquences.

En attendant, dimanche aura lieu le second tour des élections législatives. Dans la onzième circonscription du Val-de-Marne, la candidate La République en marche est arrivée en tête au premier tour. Mais contrairement à de trop nombreuses circonscriptions, le Front national et Les Républicains ont été éliminés au premier tour. Cette candidate sera opposée au candidat de La France insoumise, Djamel Arrouche.

Je serai encore de tous les combats contre la droite, fut-elle relookée en macronisme. Ce combat je le mènerai dans les mobilisations, dans la rue mais aussi dimanche en votant pour Djamel Arrouche pour tenter d’avoir une réelle opposition de gauche au parlement qui s’oppose à la politique ultralibérale.

Se macroniser

Il importe de rendre à César ce qui appartient à César. J’ai découvert le verbe transitif macroniser grâce à Bernard Pivot qui a publié le tweet suivant “Se macroniser. Déf.: se rallier au futur gagnant. Ex.: début 44, pétainistes et indécis se macronisaient pour de Gaulle”.

Le mot est superbe pour décrire une situation sinistre où les ralliements se multiplient, y compris au mépris même des engagements pris, tel le ralliement de Monsieur Valls mais que pouvait-on attendre d’un tel individu après la brillante prestation fournie comme ministre de l’intérieur puis comme Premier ministre ? N’a-t-il pas déclaré par la suite « Même si François Fillon sortait vainqueur de ce combat, il faudrait aussi chercher à trouver des compromis avec la droite parlementaire. »

Si l’on ne peut que s’interroger, à juste titre, sur la sincérité de ces ralliements opportunistes, je ne sais pour qui mon estime est la plus faible, pour celles et ceux qui se rallient à l’odeur de la gamelle ou pour celles et ceux, soutiens des premiers jours d’Emmanuel Macron, qui ont soutenu un candidat sans programme, vendu uniquement sur un image médiatiquement construite ?

La palme de la macronisation reviendra, in fine, à Monsieur Gattaz qui, prudent ou opportuniste, a adoubé deux candidats, Messieurs Fillon et Macron. Voilà donc deux candidats pour lesquels il n’est absolument pas possible de voter !

Casseurs ou manifestants ?

Depuis le 9 mars, après chaque manifestation contre la loi Travail, les commentaires, déclarations et articles condamnant les casseurs se sont succédé. Jusqu’ici, rien d’étonnant, c’en est même devenu une tradition, mais alors que les Bonnets rouges, par exemple, qui se « contentaient », en 2013, de démonter les portiques de détection pour l’écotaxe, n’ont jamais été évoqués, dans les mouvements sociaux, les casseurs sont systématiquement pointés du doigt.

Les casseurs, définis par le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales comme partisans de la violence comme moyen d’action contre un régime politique, ont fait leur grande apparition dans le champ politique français avec la loi no 70-480 du 8 juin 1970 dite loi anti-casseurs. Cette loi de circonstances, votée après mai 1968, permettait notamment de condamner une personne, en raison d’agissements commis par des tiers -y compris par des provocateurs, bien que n’ayant elle-même commis aucune violence. Abrogée en 1982, un sénateur UMP en a demandé le rétablissement en 1998.

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Argenteuil-Est, le Front de Gauche joue à droite ?

« Réunis le 23 septembre, les formations constitutives du Front de Gauche ont tenu à réaffirmer leur volonté de poursuivre, élargir, et enraciner le Front de Gauche dans la durée, dans les luttes et dans les urnes. », ainsi débute la déclaration commune du Parti Communiste Français, du Parti de Gauche et de la Gauche Unitaire.

 

Hasard du calendrier, cette déclaration est publiée entre les deux tours de l’élection cantonale d’Argenteuil-Est. Lors des dernières élections cantonales, Marie-José Cayzac avait été élue avec 22 voix d’avance face au conseiller sortant UMP Philippe Métézeau dans le canton d’Argentueil-Est. Cette élection a été annulée par le Conseil d’Etat.

Cette élection devait décider de la majorité au conseil général, en effet après cette annulation la répartition des sièges était la suivante, groupe socialiste 18 sièges, groupe communiste 1 siège, groupe union pour le Val d’Oise 19 sièges.

Marie-José Cayzac, élue communiste, s’est présentée donc à cette élection, avec le soutien du Parti socialiste et des Verts. Elle a été battue, au second tour le candidat UMP obtenant 58% des voix.  Elle dénonçait au lendemain des élections les règlements de compte « entre d’anciens soutiens et sympathisants socialistes et leur parti, qui avaint apporté leur soutien au candidat UMP » ainsi que la « municipalisation » de la campagne par la droite.

 

Est-ce un effet du politiquement correct, la candidate n’évoque pas la présence au premier tour d’un candidat du Parti de Gauche, présence qui n’a surement pas contribué à clarifier les positions. D’autant plus que cette candidature n’était pas un acte isolé, le candidat local ayant reçu le soutien de Jean-Luc Mélenchon, pendant que Marie-José Cayzac recevait le soutien de Patrick Le Hyaric.

Il ne s’agit pas de faire le calcul du coût du refus de l’alliance comme le fit Jean-Luc Mélenchon au lendemain des élections européennes. Mais si l’on veut « enraciner le Front de Gauche dans la durée, dans les luttes et dans les urnes. », il serait bon de commencer par s’expliquer sur ce choix de partir dispersés lors de cette élection.

L’enjeu était-il de tenter de battre la droite ou de se contenter de savoir qui du Parti de Gauche et du Parti Communiste Français perdrait au second tour face à l’UMP ?

 

La gauche la droite et les autres…

A deux semaines des élections européennes, les derniers sondages, articles, déclarations sans aucun doute aident à la clarification des enjeux.

 

Europe 1 commente le premier sondage en Ile de France par TNS Sofres / Logica « le bloc de gauche (de l’extrême gauche aux écologistes) devancera le bloc de droite (de l’UMP à l’extrême droite) en Ile-de-France avec 45% des intentions de vote contre 39%. ». Un rapide calcul permet de constater que 84% des intentions de vote ne se retrouvent dans aucun des deux blocs. Si certaines « petites listes » peuvent être difficiles à placer sur l’échiquier politique, pour Europe1 la question de la place du Modem ne se pose pas, le Modem n’est ni à gauche, ni à droite..

 

A priori rien de très nouveau, l’idée que le Modem serait « ailleurs » est mise en avant régulièrement, y compris dans la campagne électorale pour les élections européennes sans aller plus loin et regarder les votes des députés européens du Modem qui sont eux très clairs et sûrement pas « ailleurs » !:

Plus étonnant par contre la déclaration de Jean-Christophe Cambadélis dans Le Parisien du 19 mai « Si on additionne toutes les listes opposées à la politique gouvernementale, on atteint 70 % des intentions de vote. Avec moins de 30 % des voix, l’UMP est loin d’être flamboyante ! ». Quel sens peut avoir l’addition des voix de gauche avec des voix du Modem, même s’il reste « ailleurs », et avec celles du Front National dont l’on sait où il se situe sur l’échiquier politique ? N’est ce pas là une certaine vision des alliances possibles qui, en excluant le coté outrancier de la présence de l’extrême droite de cette addition, tendrait à définir un nouveau front anti-UMP ?

 

Et Jean-Michel Baylet, sénateur PRG du Tarn-et-Garonne, dans la même édition du Parisien, a précisé un peu plus cette évolution. Annonçant la création d’un groupe PRG à l’Assemblée nationale il précise « Nous avons un groupe au Sénat qui fonctionne très bien », mais dont il oublie de préciser que l’un des trois vice-présidents est Aymeri De Montesquiou, membre du Parti Radical dont le président est Jean-Louis Borloo et les autres sénateurs siègent dans le groupe UMP.

 

N’est-il pas temps de sortir de cette confusion et d’affirmer enfin des valeurs de gauche, à moins que pour certains l’abandon de ces valeurs ne soient le prix à payer pour gagner.

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